Les pièges de la comparaison dans la définition de ses valeurs
La comparaison commence dès le lycée. Un étudiant voit ses camarades valoriser la réussite académique, donc il adopte cette valeur par mimétisme. Il passe des années à poursuivre des notes élevées sans jamais se demander si l'apprentissage lui-même compte pour lui. Quand il arrive à l'université, cette valeur empruntée s'effondre face à la charge de travail réelle.
Les réseaux professionnels amplifient le problème. LinkedIn montre des profils d'étudiants qui multiplient les engagements associatifs, donc d'autres concluent que l'engagement doit être une valeur centrale. Ils s'inscrivent à trois associations, se sentent débordés, et finissent par tout abandonner. Ils n'ont jamais vérifié si aider les autres leur apportait vraiment quelque chose de substantiel.
Certains étudiants définissent leurs valeurs en opposition à leur environnement. Si leurs parents valorisent la stabilité, ils déclarent que la liberté est leur valeur principale. Mais cette définition négative reste déterminée par les autres. C'est juste une réaction, pas un choix autonome. Les valeurs construites par opposition sont aussi fragiles que celles construites par imitation.
Il y a aussi la tendance à choisir des valeurs impressionnantes. Un étudiant affirme que l'innovation est sa valeur clé parce que ça sonne mieux que la routine ou la prévisibilité. Mais quand il se retrouve dans un environnement chaotique qui change constamment, il réalise qu'il préférait la stabilité depuis le début.
Les valeurs authentiques émergent de l'observation de ses propres réactions, pas du catalogue de ce que les autres trouvent important ou admirable.